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Datavisualisation : ce n’est que le début !

29/02/12

A l’heure du « tout visuel », les entreprises et les marques doivent s’adapter. Révolution du traitement médiatique de l’information, révolution démocratique portée par l’open data... la visualisation des données crée de nouvelles stratégies de communication. Est-elle pour autant un nouveau langage ?

La datavisualisation, un langage « pop » 

La visualisation de données, auparavant limitée à la recherche et au monde scientifique, s’est démocratisée pour devenir "pop culture". Elle s’adapte à une culture dans laquelle on scanne plus qu’on ne lit. Elle offre un mode de représentation de l’information plus rapide et plus impactant que le texte descriptif. "Aujourd’hui, on a besoin d’indicateurs chiffrés. Tout est de plus en plus mesuré : performances, résultats, prévisions... On peut récupérer des données et en faire une visualisation, une animation", explique Karen Bastien, journaliste data et infographiste chez WeDoData.

"Il faut s’extraire de l’anecdote et du flux pour dégager les tendances", complète Delphine Pinel, Directrice associée de l’agence Angie. Illustrations, graphisme, design… Avec la datavisualisation, le sens est servi par l’image ; la compréhension des données est plus immédiate. Elle permet de faire participer le citoyen à la description du monde… Et le salarié à la description de l’entreprise.  Le groupe Keolis a réalisé son rapport d’activité 2011 en mode "dataviz". "Il y a des possibilités énormes en communication d’entreprise, même si cela reste embryonnaire. Les campagnes utilisant la dataviz vont fleurir", projette-t-elle.

La datavisualisation, un langage interactif

"La visualisation doit devenir interactive pour plonger l’usager dans le jeu avec les données", indique Delphine Pinel. A ce titre, les nouvelles pratiques induites par les tablettes changent radicalement le rapport à l’information si ce n’est au monde. Immergé dans une vie 100% tactile, l’internaute est physiquement au cœur de l’information. Soutenu par une nouvelle culture graphique construite à coup de publicités, de comics et de mangas, il pénètre dans le monde de la datavisualisation. 

Acteur de l’information, l’internaute adopte un changement de posture par rapport à l’internaute / lecteur traditionnel. Il s’approprie les informations en manipulant lui-même les données. On assiste ainsi au développement des "dataviz implicantes". La visualisation est forcément interactive. Elle doit permettre à l’internaute de jouer avec les données, de manipuler. C’est sans compter les réseaux sociaux via lesquels des informations sont diffusées - déversées - en flot continu.

La datavisualisation, un langage de datas… et de mots

Nous l’avons vu : face à l’abondance des données, il est devenu impératif de leur apporter du sens. La datavisualisation est une nouvelle forme de pensée qui correspond à notre société du chiffre. Dernier exemple en date : les open datas, une démarche de libération de données publiques, initiée par les pays anglo-saxons et scandinaves. On peut ainsi suivre l’activité des parlementaires français ou avoir une vue sur le budget britannique. Une tendance issue du data journalisme.

Il y a la forme, mais il ne faut pas pour autant faire l’économie du fond. "Il n’y a pas de datavisualisation sans travail d’éditorialisation : problématisation, inscription dans le débat public, storytelling, hiérarchisation, définition d’un angle de traitement de l’actualisation et d’un message à délivrer", insistent Delphine Pinel et Karen Bastien. Au final, plus qu’un simple nouveau langage, la datavisualisation est un langage d’avenir… mais elle doit aussi – et surtout – être construite comme un "bon papier". Et c’est sûrement pour cela qu’elle a de beaux jours devant elle !

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