• Partager

Elections 2012 : le digital remporte les suffrages

18/06/12

2002 – 2012. En 10 ans, le web est passé de simple outil de relais de l’information à outil de partage de l’information. En passant au 2.0, il a changé la donne de la communication politique. Et cette année, tous – citoyens, communicants, politiques – ont assisté à la première campagne « transmédias ». Le point avec Toufik Lerari, CEO chez TequilaRapido.

Un média 100% intégré dans les campagnes

En 2007, il était trop tôt pour que les candidats à la présidentielle se soucient de Facebook : avec alors 200 000 personnes inscrites, le média social ne faisait pas partie de leur champ de communication. Cinq ans plus tard, Facebook compte 20 millions d’utilisateurs. « En 2007, les hommes politiques ont utilisé Internet comme levier d’influence, via les blogueurs notamment. En 2012, ils ont atteint une maturité numérique en supprimant cet intermédiaire et en se concentrant sur les réseaux sociaux », analyse Toufik Lerari.  Toutes plateformes confondues (sites dédiés, Timeline Facebook, comptes Twitter…), le web n’est plus un outil « en plus » de la campagne. 

Afin de mesurer l’impact des messages diffusés, les équipes de TequilaRapido ont mis en place l’outil superzin. Dans le contexte des présidentielles, il était pertinent de le croiser avec un média traditionnel. Ainsi est né Lelab Europe 1. « L’outil publiait un rapport sur le comportement des audiences. Un élément clé en est ressorti : les politiques qui ont développé les dispositifs digitaux sur un savoir-être et non un savoir-faire ont clairement performé. Il y a un vrai besoin d’authenticité », poursuit-il. 

Jamais sans les médias traditionnels

La campagne présidentielle ne s’est pas jouée uniquement sur le web, mais aussi sur le petit écran… via lequel les interactions en ligne se sont multipliées créant ainsi un débat dans lequel les frontières entre le web et le terrain se sont affinées. « Les médias traditionnels sont toujours là. Ce qui diffère, c’est le rebond qui s’opère entre la télé et les réseaux sociaux. C’est un rebond pluri-média », observe Toufik Lerari. Le non débat télévisé entre Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon qui a suscité un vrai débat sur les réseaux sociaux restera sûrement un cas d’école. 

Résultat : en intégrant le digital aux médias traditionnels, les hommes politiques ont professionnalisé Internet. Dans ce flot d’informations et de chiffres continu, les citoyens connectés se sont pris d’un besoin de véracité. Le site Owni a ainsi mis en place le Véritomètre 2012, un outil de fast-checking. Ou comment attester, sources chiffrées à l’appui (INSEE, OCDE…), de la crédibilité (ou non) des hommes politiques.

Toujours avec ses communautés… même après !

Quand on demande à Toufik Lerari qui a fait la meilleure campagne politique, il répond sans hésiter : « Obama » ! « Quand on voit comment il a construit sa campagne en 2008, on peut avoir une amertume. Ses équipes ont conçu les réseaux sociaux comme des territoires de mobilisation. Elles ont délégué des militants sur les réseaux sociaux. C’est un usage beaucoup plus pragmatique »,  explique-t-il. Outre-Atlantique aujourd’hui, le républicain Mitt Romney craint le KO digital face à un Barck Obama aguerri aux réseaux sociaux. 

2017 signera peut-être la fin des vieux réflexes de nos politiques. « Si on sait trouver un rôle de la marque dans la vie des gens, c’est gagnant. Il ne faut pas se poser la question du “ Qu’est-ce qu’on doit dire”, mais du “ Qu’est-ce qu’on peut faire ? ”. Dans ce cas, on est éligibles aux réseaux sociaux », poursuit-il. Une chose est sûre : si certains des candidats de 2012 se représentent dans cinq ans, ils ont tout intérêt à entretenir leurs communautés.

retour vers Webz'in

comments powered by Disqus

Haut de page