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Face au digital, le papier fait de la résistance!

11/07/12

Le papier a encore de beaux jours devant lui. Les nostalgiques de l’avant Internet, les réfractaires au tout virtuel et les amoureux des livres ne sont pas les seuls à le penser ! Preuve en est : les mooks et autres blooks qui laissent entendre que face au digital, le papier n’a pas encore dit son dernier mot. Une tendance liée à un besoin de rendre l’immatériel tangible.

Le papier, c’est du tangible 

A l’heure de la dématérialisation et de l’instantanéité, il semble que nous ayons besoin d’un peu de simplicité. Les excès de virtualisation conduisent à un regain d’intérêt pour la vraie vie, disons, avec plus de mesure, d’un retour aux sources. La tendance est à la « re-matérialisation ». Ainsi sont nés les blooks, les livres de… blogs. Via un objet culturellement établi, il s’agit de valoriser le travail des blogueurs – ils sont 25 millions en France – tout en  conservant une trace palpable de leurs écrits. Chose impensable il y a dix ans, les blogs peuvent désormais avoir droit de cité sur les étagères des bibliothèques !

Influencia, le site référence des tendances de la communication et des médias, s’y est même mis. Il se dote depuis avril dernier de sa revue papier qui reste bien sûr disponible en version digitale. Forts de leur succès en ligne, de nombreux sites avaient déjà franchi le cap. Citons les cas de Revue89, MediaPart ou encore Terra Eco. Preuve que l’opération est gagnante, y compris sur des thématiques plus ciblées ? Marmiton magazine, la déclinaison papier du site de cuisine éponyme, passe aujourd’hui d’une parution trimestrielle à bimestrielle. 

Oui au papier, mais de qualité !

« J’ai la conviction que le papier continuera, mais avec une valeur de luxe », affirme le romancier Eric Orsenna, dans un entretien accordé à Rue89 en mars dernier. Et de poursuivre : « Ceux qui fabriquent des livres devront le faire avec plus de soin s’ils veulent résister au numérique ». Ce point de vue semble partagé par les éditeurs des mooks, ces fameux supports de lecture, mélange entre magazines et books. Maquette léchée, textes étayés et stylés, illustrations de caractère… XXI a reçu le prix Albert Londres en 2009. Tiré aujourd’hui à 53 000 exemplaires, il est devenu en quatre ans « le » mook de référence. 

La pause papier

Il existe bel et bien une piste à explorer en matière de médias post-digital ou plutôt alter-digital. Muze, Feuilleton, Usbek & Rica… Ils sont nombreux aujourd’hui à avoir emboîté le pas à XXI. Tout comme dans les pages de leur aîné, les articles sont fouillés et denses et ne se lisent pas en vingt minutes. Les mooks, en plus de signer le retour du palpable, annoncent également le retour du durable. 

A une époque où le court et l’instantané sont au cœur de nos schémas de fonctionnement, le pari reste osé. Difficile en effet d’échapper au contexte des gratuits, de l’info en continu et en 140 cararactères. Pour autant, les mooks peuvent compter sur la fidélité de leurs lecteurs. Sans rejeter le digital, ces derniers ont un besoin vital de pause. Un temps pour soi dans le zapping médiatique ambiant. Un temps pour prendre le temps. 

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